Commémoration pour le départ des américains il y a 100 ans à Saint-Parize le Châtel

Je tiens tout d’abord à vous exprimer l’honneur qui est le mien d’être présente aujourd’hui 
à vos côtés, ici à Saint-Parize le Châtel, pour commémorer la levée de camp américain,
il y a 100 ans. 

C’est à partir de l’hiver 1917-1918, que L’Hospital Center a vu le jour. Sa capacité était
de 50 000 personnes (personnel médical, blessés, ….). Le camp ressemblait à une ville avec
des technologie d’avant-garde pour la période et encore méconnue dans nos campagnes.

Mais aussi pour commémorer la mémoire de ces soldats qui se sont illustrés, ici, jusqu’au don ultime de leur vie. Nous nous inclinons avec le plus grand respect pour saluer leur action, leur sacrifice
et leur rendre l’hommage qui leur est dû.

Le devoir de mémoire prend toute sa place dans notre département qui a été la base arrière
de la force américaine mais aussi française qui ont façonné l’histoire de l’Europe et par deux fois celle du monde. Chaque famille de la Nièvre et chacune des communes demeurent tout particulièrement marquées par la Grande Guerre.

Je suis heureuse de défendre le devoir de mémoire en ce jour sur notre territoire et, qui comprend
la mémoire combattante bien évidemment mais également l’hommage vivant à ceux qui nous ont précédés et qui se sont engagés au service de leur pays, de valeurs, d’un idéal. C’est aujourd’hui
le sens de l’hommage que nous rendons aux soldats qui sont tombés sur cette terre car sans leur sacrifice, nous ne serions pas qui nous sommes.

Cette mémoire est toujours vive et vivante, surtout dans nos petites communes rurales
mais particulièrement à Saint-Parize le Châtel devant ce Château d’Eau.

Aujourd’hui, il est important de transmettre à nos jeunes, et je salue le travail de la municipalité,
de son école et de l’association Heredit, (j’ai une pensée pour Colette Mayot qui a beaucoup œuvré au sein de cette association) qui ont organisés plusieurs événements depuis 2014, car nous devons avoir conscience que, sans mémoire collective, il ne peut y avoir de vivre ensemble ni même d’avenir ensemble demain.

Je profite de cette occasion qui m’est offerte pour vous remercier de nouveau, vous, les anciens combattants, pour votre engagement au quotidien, de ne pas nous faire oublier ceux qui ne sont plus là pour témoigner.

J’aimerai vraiment vous dire qu’exprimer le devoir de mémoire, ce n’est pas sombrer dans la nostalgie, c’est célébrer la paix, la jeunesse et la vie. C’est regarder l’avenir et les enjeux du siècle
qui commence.

Enfin, je souhaiterais une nouvelle fois, vous remercier vous et votre équipe Monsieur le Maire,
cher André, pour votre invitation et le travail accompli qui nous permet d’honorer toutes ces vies tombées au front et à l’arrière, tous ces hommes qui ont fait preuve d’une bravoure
et d’un dévouement sans limite pour faire reculer l’ennemi.

Notre mission est d’expliquer, sans relâche, aux jeunes générations, de donner du sens à nos propos afin de mieux connaitre le passé pour mieux comprendre le présent et mieux préparer l’avenir.
C’est pour celai que résonne dans mon esprit la phrase de Winston Churchill « un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre ». La France n’est rien sans ce que les Français ont en commun. L’histoire d’un pays, c’est le ciment de son unité. Durant ces quatre années de conflit, les Français
se sont appliqués à rester unis.

La Première Guerre mondiale, c’est l’histoire d’une des plus grandes souffrances humaines.
Et c’est au nom de l’homme, de tous les hommes, qu’il s’agit, par simple amour de la vie, d’en garder la mémoire. Chaque cérémonie n’est pas de trop pour faire vivre le souvenir.

Je souhaite terminer mon propos par les vers du poète américain Alan Seeger qui vécut les dernières années de sa vie en France pour combattre l’ennemi sur les champs de bataille de la Somme.
Il s’était engagé dès le début du conflit en août 2014, par amour de la France.

« J’ai un rendez-vous avec la Mort

Sur quelque barricade âprement disputée,

Quand le printemps revient avec son ombre frémissante

Et quand l’air est rempli des fleurs du pommier.

J’ai un rendez-vous avec la Mort

Quand le printemps ramène les beaux jours bleus.

Dieu sait qu’il vaudrait mieux être au profond

Des oreillers de soie et de duvet parfumé

Où l’amour palpite dans le plus délicieux sommeil,

Pouls contre pouls et souffle contre souffle,

Où les réveils apaisés sont doux.

Mais j’ai un rendez-vous avec la Mort

À minuit, dans quelque ville en flammes,

Quand le printemps revient vers le nord cette année

Et je suis fidèle à ma parole,

Je ne manquerai pas ce rendez-vous. »

Je vous remercie.

Discours à Saint-Parize-le-Châtel version PDF

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