JDC – Majorité présidentielle relative : ce qu’en pensent les deux députés de la Nièvre

Les deux députés de la Nièvre, réélus dimanche 19 juin, font partie d’une majorité présidentielle désormais relative, qui ne suffit pas pour faire adopter un texte de loi à l’Assemblée nationale. Que pensent-ils de cette situation ? Craignent-ils qu’elle soit ingérable ou croient-ils au compromis ? Perrine Goulet et Patrice Perrot se disent optimistes, et partisans de coalitions au cas par cas.

Malgré la forte poussée des oppositions, dimanche 19 juin, les deux députés de la majorité présidentielle, Perrine Goulet et Patrice Perrot, ont été réélus dans la Nièvre. Ils font partie des 245 députés d’une nouvelle majorité relative qui ne suffit plus pour faire adopter les lois à l’Assemblée nationale. Un total assez éloigné des 289 députés nécessaires (sur 577) pour atteindre la majorité absolue. Le camp d’Emmanuel Macron devra composer avec des groupes de droite ou de gauche.

Majorité relative : qu’en pensent-ils ? « Tout va dépendre comment les oppositions se comportent », répond Perrine Goulet, qui voit plutôt d’un bon œil cette nouvelle configuration. « On voulait la proportionnelle, les Français l’ont fait. On va donc pouvoir tester si c’est gérable. C’est ce que prônait le MoDem » dont elle fait partie, après avoir quitté le groupe LREM en 2020. « Je suis un peu déçue du résultat, mais pas inquiète. Il y a des gens bien au PS comme chez LR. »
« Moi qui aime aller vite… ça va être un ralentisseur », craint Patrice Perrot, qui pense à « ce que nous a fait vivre La France insoumise avec 17 députés », entre « invectives et obstruction », parlant même de « guérilla parlementaire ». Avec désormais 72 élus (sur 131 élus de la Nupes), « ça risque d’être pire »… 
« Sur le pouvoir d’achat, on espérait aller très vite, et on sait déjà que ce sera l’occasion pour eux de lister leurs éléments de campagne », donne pour exemple Patrice Perrot, qui s’inquiète que l’Assemblée nationale serve avant tout de tribune.

Comment gouverner, et avec qui ? « Par le compromis, le consensus », répond Patrice Perrot. « C’est notre culture, mais encore faut-il qu’il y ait la volonté en face. » Faut-il aller chercher du côté de LR, dont le groupe suffit à dépasser la majorité absolue ? « Vous savez d’où je viens », répond Patrice Perrot dont le père était élu socialiste et qui, outre La République en marche, adhère à Territoires de progrès, “aile gauche” de la majorité présidentielle. « Il faut impérativement revenir vers les plus modestes… A priori, ce qui se dessine est de chercher des alliances au cas par cas. »
S’il doute d’un compromis avec « les extrêmes », Patrice Perrot pense que la Nupes ne sera pas indivisible (ce qui se confirme). « J’espère vivement qu’il y aura un groupe communiste, c’est important dans la qualité des débats. Je m’entends avec beaucoup d’écologistes… Tout dépend de l’objectif, de la volonté et des groupes constitués. L’enjeu va être cette capacité à aller chercher le consensus. » Sur la réforme des retraites, par exemple, Patrice Perrot dit qu’il ne partage « pas vraiment » l’idée du seuil des 65 ans, « mais cette réforme est vraiment nécessaire, et je me battrai pour qu’on y traite les invalidités, l’emploi des seniors, les carrières des femmes et le grand âge ».

Perrine Goulet se réjouit presque d’une « coalition à l’allemande » : « Ce sera plus compliqué, il faudra négocier, mais ce n’est pas un mal. » S’entendre avec LR d’abord, « ce n’est pas ma préférence. Je suis centriste, je pense qu’il faut prendre ce qu’il y a de bon à droite et à gauche. Des coalitions de circonstance, c’est aussi dans l’ADN du MoDem. Et cela peut apaiser le pays, avec des textes plus consensuels. »


Dissoudre l’Assemblée nationale ? Pour Patrice Perrot, « si chaque partie prenante se mobilise pour avoir des débats apaisés, ça peut tenir. Si ça ne tient pas, on dissoudra dans un an. » Le risque existe. Mais pour lui, le blocage ne serait pas forcément à l’avantage des oppositions : « Cette situation va les mettre en face de leurs responsabilités ».
« C’est dans la main du président. S’il estime que c’est trop compliqué, c’est une possibilité », reconnaît aussi Perrine Goulet. « Mais tous les groupes ont intérêt à ce que ça fonctionne. Une dissolution, tout le monde peut y gagner, ou y perdre. »

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